Histoire

HISTOIRE D’AGRIS AU COURS DES AGES

 

TEMPS PREHISTORIQUES

La vallée de la Tardoire fut très fréquentée par par les premiers hommes aux différentes époques des temps préhistoriques. A Agris, c’est le néolithique qui a laissé des spécimens de son existence dans la partie de la vallée située en aval du Pont d’Agris. Un atelier néolithique, riche en silex épars, fut en effet découvert en 1904 par Léon Bertrand sur un plateau de la rive droite de la Tardoire, au lieu-dit Les Theils. Cette découverte a prouvé que le territoire d’Agris était habité à une époque où apparaissent l’élevage et le début de l’agriculture et où se développent de nouvelles techniques. L’outillage revêt alors une grande diversité et la taille des pierres atteint une extrême perfection.

 

EPOQUE CELTIQUE

Grottes-des-Perrats

A l’époque celtique, la population est disséminée dans les clairières et dans les zones de culture. Le commerce se fait par des routes que les Romains amélioreront plus tard en faisant de larges voies. L’exploitation des gisements de fer nombreux dans la région date vraisemblablement de cette époque.

(Mme DELAHAYE ne peut pas évoquer la découverte du casque survenue en 1981)

 

PERIODE ROMAINE ET GALLO-ROMAINE

Agris se trouve sur la voie romaine qui relie Lyon à Saintes. C’est la voie d’Aquitaine,  construite par Agrippa qui passe par Limoges, le Péage, forêt de Quatrevaux, Pont d’Agris, Montignac, Les Bouchauds, Cherves-de-Cognac et Saintes. Ainsi nous voyons la position favorisée d’Agris sur une grande voie de passage. A Agris, des tuiles romaines ont été tirées des gravières, ainsi que des pièces en bronze de l'empereur Constantin. Au village de la Grange, on a trouvé dans le sol des briquettes de mosaïque portant en creux des figures remontant à l’époque romaine. En 1957, lors de l’installation de l’eau dans la commune d’Agris, des fragments de poteries furent mis à jour au lieu-dit Chez Quarante.

 

MOYEN-AGE

LA MICHENIEAu cours des IIIe et IVe siècles, l’Empire romain s’effondre sous les coups des envahisseurs, Alamans, Francs Burgondes dans la moitié nord du pays. Les Wisigoths occupent le sud-ouest jusqu’à la conquête franque de 507. Un art nouveau se cherche sur les ruines de l’ancienne civilisation gallo-romaine. Il nous est connu surtout par les objets provenant de sépultures. A Agris, des vestiges furent découverts dans la nécropole des Placettes, mise à jour le 6 septembre 1921 par des ouvriers qui exploitaient les matériaux nécessaires au pavage d’une route en construction allant de La Côte à Taponnat.

 

 

PERIODE RENAISSANCE 

Dans les campagnes, la Renaissance ne se manifeste que par la présence de quelques castels ou vieux logis tels que celui du Fouilloux qui s’élève à la limite est de la commune. Dans ce castel qui relevait du comté de La Rochefoucauld vivait la famille Odet. Quel fut le bâtisseur et à quelle date ce dernier fut-il construit ? Nous l’ignorons. Le château du Fouilloux subit sans doute plusieurs transformations au cours des siècles. Sur la carte de la paroisse d’Agris levée en 1755, il forme un ensemble de trois bâtiments principaux flanqués de trois tours d’angle et enserrant une cour intérieure. Le plan cadastral de 1967nous montre un château du Fouilloux réduit en somme a sa moité. Une partie des bâtiments qui étaient tombés en ruines n’a pas été relevée et la partie restaurée ne présente qu’une tour d’angle et un corps de bâtiment en retour d’équerre du bâtiment principal au sud.

 

REFORME ET GUERRES DE RELIGION

Croix La lutte entre catholiques et protestants déchaîna sur le pays ravages et atrocités, en particulier à La Rochefoucauld. Devenu centre important de protestantisme. Sous l’influence des La Rochefoucauld le protestantisme se propage dans la région de Verteuil et de Mansle. Le 2 novembre 1568, lors du passage à La Rochefoucauld du prince de Navarre accompagné du prince de Condé le pays souffrit beaucoup. Là où ils passaient ils mettaient le feu à toutes les églises. Il est vraisemblable de penser que l’église d’Agris n’a pas échappé au massacre. L’inscription commémorative attestant la recouverture de cette église en 1603 en serait un témoignage. Charlotte de Roye, deuxième épouse de François III de La Rochefoucauld pour assouvir sa fureur contre les catholiques a donné l’ordre d’abattre toutes les croix de son comté. La croix de La Tuilière qui a été relevé existe toujours et dresse sa fine silhouette à l’angle que forment la RD 390 qui mène au bourg et la route communale qui mène aux Vieilles Vaures.

 

 

AGRIS AU XVIIe ET XVIIIe SIECLE

Agris sous l’ancien régime devait être un centre important puisqu’on y trouve des notaires dont les nombreux actes concernent non seulement les habitants de la paroisse mais aussi ceux des paroisses voisines. On constate qu’entre 1655 et 1674, il y eut à Agris au moins trois notaires et au moins un notaire de 1757 à 1774. Nous possédons donc de très abondantes minutes d’actes tels que contrats de mariage, ventes, testaments, échanges d’héritages, baux à ferme, etc. dont la consultation permet de brosser un tableau d’ensemble de ses habitants.

1. LES NOBLES

La noblesse locale qui réside sur le territoire de la paroisse d’Agris comprend :

  • Les seigneurs du Fouilloux

  • Les seigneurs de la Michenie

  • Les seigneurs du Mosnac (ou Mosnat) et de La Tour de Moussac (ou Moussat).

2. LES ECCLESIASTIQUES

Le premier titulaire connu de la cure d'Agris est Jean IMBERT, chanoine de La

Rochefoucauld, 5 novembre 1483.

 

3. LES BOURGEOIS ET NOTABLES

Il semble que la paroisse d'Agris ait comporté une assez importante et riches

bourgeoisies. D'abord les détenteurs de charges de justice:notaires royaux, greffiers,procureurs; à ceux-ci s'ajoutent les titulaires de charges des Eaux et Forêts d'Angoumois, sergents royaux, praticiens, apothicaires, chirurgiens.

 

4. LES SOLDATS

Bien qu'ils ne constituent pas à proprement parler une classe sociale, de nombreux habitants d'Agris sont engagés au service du roi. Ils sont en général issus de familles bourgeoises ou fils d'artisans.

 

5. LES MARCHANDS

Agris fut un centre important de commerce pour la vente des noix, ,pommes cerises, et même du safran. Parmi les marchands les plus nombreux sont les bouchers, la chair des animaux engraissés à Agris ayant été toujours très réputée.

 

6. LES ARTISANS

L'artisanat est très développé à Agris.

  • LE TEXTILE

- Les sergiers ou maître sergiers qui fabriquent la serge (du latin serica, étoffes de soie),

- Les tisserands, à Agris on cultivait le lin et le chanvre.

- Les tailleurs d'habits;

  • LE TRAVAIL DE LA PIERRE

Il semble qu'il ait été également important à Agris où l'on exploitait les carrières de chez Foucaud. Plusieurs métiers sont liés au travail de la pierre: pierrier, tailleur de pierre, paveur et maçon.

  • LE TRAVAIL DU BOIS

Au XVIIIe siècle l'on pouvait trouver à Agris: charpentiers, menuisiers, mérandiers qui fabriquent des planches de chêne, tonneliers, galochers ou sabotiers et maître cordonnier.

  • LE TRAVAIL DU FER

- Les maréchaux-ferrants:au XVIIIe siècle le bourg d'Agris possède un maréchal-ferrant.

- Les serruriers: en 1764 on connait trois serruriers, deux au Bourg et un aux Chevilloux.

- Les taillandiers: le taillandier est un forgeron qui fait plus particulièrement des objets tels que scies, haches, bêches.

- Les arquebusiers:nom donné au XVIIe et XVIIIe siècle aux fabricants d'armes à feu montées sur fûts.

 

7. LES PAYSANS

Ce sont ceux qui vivent de la terre. Leur condition varie. Certains sont aisés, vendent ou achètent des terres; d'autres n'en possèdent pas assez pour faire vivre leur famille ou en sont totalement dépourvus. Ils sont liés aux propriétaires par contrat de métayage ou bail à moitié des fruits ou encore bail à rente. D'autres enfin sont journaliers ou domestiques.

 

AGRIS AU XIXe SIECLE

Le XIXe siècle aura été sans conteste un âge d'or pour les campagnes françaises. La disparition des famines, la fin des épidémies meurtrières, les progrès de l'agriculture, du commerce, des conditions sanitaires, le développement des communications, de l'instruction publique, ont assuré un essor économique, une amélioration des conditions de vie et une certaine prospérité. Agris a eu en outre la chance d'être situé dans une région épargnée par les invasions de 1814, 1815, 1870-71, et plus tard 1914-18.

Mais une autre caractéristique marquante de ce siècle aura été, après l'apogée de la Monarchie de Juillet et du début du Second Empire, un déclin démographique rapide que l'on peut même qualifier d'implosion. Agris qui, vers le milieu du siècle, était une commune industrieuse, prospère, avec certes des « indigents », mais aussi des paysans et commerçants aisés, de nombreux artisans, voyait en 1900 sa population revenue à ce qu'elle était un siècle plus tôt, et le déclin de poursuivre ensuite. Malgré tout, un certain équilibre subsistait, et les premières années du XXè siècle prolongeaient celles du XIXè finissant. C'était encore le même mode de vie, la même mentalité, le même rythme paisible. L'accélération de l'histoire était encore peu sensible, malgré l'essor du machinisme et de l'industrialisation.

Mais les nuages s'amoncelaient à l'horizon. L'Europe était entrainée insensiblement et inexorablement vers la gigantesque confrontation armée de ses vieux peuples. Bientôt la guerre allait éclater, marquant la rupture et l'entrée véritable dans le XIXe siècle. Les jeunes gens d'Agris allaient partir, dans l'enthousiasme, pour les champs de bataille de la Marne, de l'Aisne, ou d'Italie, un siècle après leurs arrière-arrière-grands-pères, les conscrits de l'Empire. Quarante neuf d'entre eux, terrible saignée, ont leur nom inscrit sur le monument aux morts de la commune.

 

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Ces notes historiques vérifiées, riches, denses, variées et particulièrement intéressantes sont extraites de l'ouvrage de Madame Jane Marcelle DELAHAYE

« Notes historiques sur AGRIS des origines à la fin du XVIIIe siècle » imprimé sur les presses de l'imprimeur Jacques Hallépée à Paris en 1975 et pour la partie XIXe siècle de l'ouvrage du Colonel (E.R.) Jean DELAHAYE « Notes historiques sur AGRIS au XIXe siècle » imprimé sur les presses de l'imprimerie P. Oudin à Poitiers en 1993.

La Municipalité remercie chaleureusement M. le Colonel (E.R) Jean DELAHAYE qui a accepté que nous reprenions des extraits de ces deux ouvrages sur notre site Internet pour résumer l'Histoire d'Agris au fil du temps.

 

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